Pour atténuer la dépendance aux énergies fossiles, les nouveaux élus des deux communes vont devoir ressortir des cartons un vieux projet de liaison douce qui fut sur le point d’être réalisé en 1918.
Voici l’histoire de ce projet qui reste d’actualité avec l’électrification des réseaux urbains.

Projet de ligne Perros-Guirec-Trégastel
Introduction
Si la ligne de Chemin de fer Lannion-Perros-Guirec a été une réalité qui reste aujourd’hui encore bien documentée, son hypothétique prolongement vers Trégastel puis Trébeurden est très peu connu.
Pourtant les ouvrages de l’ingénieur Harel de la Noé vers Trestrignel et le pont sur la deuxième vallée des Traouiero indiquent encore aujourd’hui que ce projet n’était pas une utopie.
On peut aussi citer comme souvenirs du projet :
La mairie de Perros-guirec qui aurait pu être la gare du bourg, l’esplanade de La Clarté encore aujourd’hui démesurée et réminiscence de l’arrêt prévu.
Ensuite la chaussée du moulin à marée de Trégastel qui a été élargie et consolidée pour le passage de la voie.

La grande ligne droite traversant la ville et venant de Trestrignel pour s’arréter devant la future gare qui deviendra finalement la mairie de Perros-guirec en granit vert de Trégastel

L’arrivée à La Clarté, l’esplanade de la gare était déjà prévue

L’élargissement de la chaussée du moulin à marée de Trégastel est aussi assumé, comme support d’un tramway, si une route est définitivement décidé
Historique :
La ligne du réseau de l’ Ouest Paris-Brest atteint les Côtes-d’ Armor en 1863. Un arrêt à Plouaret permet aux voyageurs de se rendre à Lannion en 1881. En 1894, le Conseil Général des Côtes-d’ Armor étudie des projets de lignes de chemins de fer d’ intérêt local à voie étroite qui permettraient de relier les chefs-lieux de canton au Réseau de l’ Ouest. Le 21 mars 1900, le projet de loi déclarant d’ utilité publique l’ établissement du réseau est adopté par le Sénat et voté par la Chambre des Députés. Parmi ces lignes, Lannion-Perros est inaugurée le 11 août 1906.

Un embranchement vers Tréguier est prévu au lieu-dit Petit-Camp en Lannion. Au départ de Lannion, le train départemental franchit la rivière du Léguer grâce à un petit pont en béton armé de 46, 20 mètres de long construit par l’ ingénieur Louis-Auguste Harel de la Noë (détruit en 1976).

A Perros-Guirec, le train s’ arrête à l’ entrée de la commune, à Pont-Couennec, puis emprunte la rue Ernest-Renan avant d’ arriver à la petite gare située face au bassin du Linkin, remblayé en partie pour l’ occasion. Le bâtiment de la gare, construit sur le Domaine public, est identique à ceux des autres stations du réseau.
Un projet de digue construite sur l’ actuelle Esplanade de la Douane afin de permettre le passage du train est étudié en 1903 mais abandonné en 1905. Un projet de prolongement vers Trégastel est avorté en faveur de la construction d’ une route. En 1933, la ligne n’ est plus rentable face à la concurrence de l’ automobile : la portion Petit-Camp-Perros est assurée par des autocars. Le 11 octobre 1948, l’ exploitation de la ligne Lannion-Perros est supprimée, des services de cars sont assurés.
Détails du projet de ligne Perros-Guirec -Trégastel
En 1895, la municipalité de Trégastel est associée au futur projet de voie ferrée de Lannion à Perros-guirec avec un prolongement possible vers Trégastel,Pleumeur -Bodou,Trébeurden, Le Yaudet (rive droite) à partir des tracés existants décrits dans l’historique.
Après l’arrivée du train à Perros en 1906, un nouveau débat en 1909, après de nombreuses consultations contradictoires amène le projet vers Trégastel sur l’avant de la scène. Un tracé et des constructions d’ouvrage d’art sont examinées (contrefort de Trestrignel, pont des Traouiero).
La montée vers Trestrignel, ouvrage d’art pour la voie ferrée

Malgré l’entrée en guerre en 1914, le projet continue à avancer. On note vers novembre 1914, l’arrivée de prisonniers allemands qui travailleront en particulier sur le pont des grands Traouiero. Une plaque posée par eux sous la voute du viaduc rappellera jusqu’en 1945, leur apport au projet. Les troupes d’occupation feront disparaître ce symbole sans doute humiliant.

La paix revenue, les progrès des autocars entraineront le choix de l’automobile et la création d’une corniche bretonne sur le même itinéraire à quelques virages près et donc la suppression des gares prévues.
Néanmoins sur le papier le rail n’a pas dit son dernier mot comme le prouve sur les plans une voie de tramways parallèle à la corniche proposés dès l’abandon du train.

Le car SCHNEIDER assurant le transport de Perros à Trégastel
Précision de l’inventaire Région Bretagne
En 1908, le projet de prolonger la ligne de chemin de fer Lannion-Perros vers Trégastel puis Trébeurden est abandonné par le Conseil Général des Côtes-d’ Armor qui considère plus raisonnable de construire une route pour le passage d’ un tramway électrique.
En 1909, un premier projet est dressé par Louis-Auguste Harel de la Noë, ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées. Il prévoit un passage de la voie au plus près des eaux, grâce à une digue de 930 mètres de long, dont 460 mètres en pleine grève, avec parement de maçonnerie sur 420 mètres. Les protestations des défenseurs du paysage se font vite entendre, jusque dans les colonnes de la revue nationale La Construction moderne, le 10 avril 1909. Au niveau local, de nombreuses polémiques émergent, portant sur les intérêts de chaque parti, les défenseurs du tourisme, et les défenseurs de la population locale.
En février 1911, Harel de la Noë soumet un second projet, déclaré d’intérêt public le 27 avril 1911, et approuvé par le Conseil Général le 24 août 1911. Les travaux sont réalisés par l’entrepreneur Gaston Héneaux, originaire de Auch (Gers), un pont franchissant la vallée des Petits Traouiéros est construit par l’ingénieur Louis-Auguste Harel de la Noë.
Le tronçon Perros-Guirec-Trégastel est achevé en 1917-18.
En 1921, le Conseil Général étudie le projet de prolongement de la route vers Trébeurden, par la côte, au grand étonnement de Trégastel qui n’ y trouve aucun intérêt. Le projet est tout de même voté le 6 septembre 1922. Les nombreuses expropriations ralentissent le début des travaux qui se déroulent de 1927 à 1933, réalisés par Louis Montfort, entrepreneur à Lambézéllec (Finistère).
Entre temps, face à la concurrence de l’automobile, le Conseil Général abandonne définitivement le projet de tramway. La route, qui s’arrête à Crec’ h Héry en Trébeurden, est prolongée à l’initiative de la commune dans les années 1960 jusqu’à Pors Mabo.
Elle aurait du se poursuivre jusqu’à Lannion par Servel

