Lankastel

 

Trégastel comme l’ensemble de la Bretagne a été occupé sans doute dès le 2ème siècle avant J-C par des tribus celtes qui issues d’Europe centrale avaient suivi la course du soleil pour finir finalement à l’Ouest du continent. Leur connaissance de la métallurgie donnait à cette civilisation un avantage, même sur les romains qui enviaient la solidité de leurs armes. En comparant la qualité et le dessin des pièces de chaque tribu, on remarque qu’il existait alors déjà une unité monétaire européenne de la Belgique à la Bretagne. Ces statères généralement en électrum (mélange d’argent et d’étain) ont autant de similarité entre eux que les Euros aujourd’hui. Ils sont tous des copies du statère de Philippe II de Macédoine le grand père d’Alexandre le Grand dans l’armée duquel les mercenaires celtes étaient sans doute nombreux.

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Statère osisme de Ploumanach

Les Celtes étant des terriens à l’origine, ils ont choisi d’ériger les capitales des tribus loin des côtes, comme à Courseul pour les Curiosolites et à Carhaix pour les Osismes. Mais rapidement en découvrant comme les Vénètes à Vannes l’intérêt de la mer, ils vont installer des ports dans les anses bien abritées ou les abers de Bretagne. Les Osismes de Carhaix choisiront le futur Brest et les Curiosolites de Courseul prendront le site d’Aleth. Les éperons seront privilégiés pour une défense naturelle en barrant simplement la partie continentale par un rempart ou un fossé. Les romains continueront leurs œuvres lorsque chassés de Grande-Bretagne par les barbares, ils viendront se réfugier dans ce qui va devenir la Bretagne en cohabitant pacifiquement avec les celtes qui constituaient déjà en Grande-Bretagne le gros de leur troupe mercenaire ( brittons et gallois).
En comparant ces éperons barrés du château de Brest, d’Aleth, d’Erquy, du Yaudet, de Ploumanach on note une grande similitude d’emploi de ces défenses naturelles qui pourrait indiquer que Coz-kastel  à Trégastel en faisait partie.

On remarque que des sanctuaires encore existant aujourd’hui sont associées très tôt à ces défenses prouvant la spiritualité des occupants. A Trégastel, ce lieu situé sans doute à l’emplacement de la chapelle Sainte-Anne sera également le point d’implantation de Langastel, sans doute vers le 4ème ou le 5ème siècle avec l’arrivée des premiers chrétiens venant d’Outre-Manche . Des sépultures ont également été retrouvées près de ces chapelles primitives.

C’est en effet dans l’enclos de ce qui est devenu la chapelle Sainte-Anne  que se situait le cimetière osisme caractérisé par sa stèle sculptée  aujourd’hui en rénovation.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAStèle dite gauloise

L‘appellation Langastel de ce quartier n’est d’ailleurs pas anodine car ce patronyme  évoque un établissement religieux  d’abord païen puis chrétien.

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La chapelle Sainte-Anne initiale

Dans le prolongement de cette frairie vers le futur bourg, un lieu hospitalier pérennise la fonction sacré de ce lieu fondateur il s’agit du Palacret érigé sans doute par les hospitaliers de Saint-jean de Jérusalem. En effet cet ordre issu des croisades n’est pas inconnu dans la région car il a en richesse et en notoriété, profité de l’implantation des Templiers, mais aussi de leur condamnation en 1307. Lorsque les moines cisterciens s’installent à Bégard vers 1130, ils vont petit à petit s’approprier des terres dans l’ensemble du Trégor. A partir de 1141, des ordres militaires religieux récemment créés pendant les croisades (vers 1100) vont épauler ces moines comme à Saint-Laurent près de Bégard ou à Pommerit le Vicomte où l’on trouve des commanderies avec un Palacret en tant qu’hospice. Les hospitaliers Saint-Jean de Jérusalem avaient en effet comme saints patrons Jean mais aussi Laurent. Il est intéressant de remarquer que la première chapelle de Trégastel placée au bourg sur une source sera à cette époque rebaptisée Saint-Laurent au lieu du Saint Lavant gallois primitif.

On peut également penser que cette chapelle est la chapelle funéraire des seigneurs de Lannion inhumés en1461,1500 et1547. Elle porte alors le nom de chapelle Saint-Jean sur les terres appartenant aux Lannion. (Voir Bourg)

 

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intérieur de la chapelle aujourd’hui grange

 

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Extérieur de la chapelle au dessus de la fontaine originelle