CHAPELLE DU GOLGON

La chapelle de Saint-Golgon

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La chapelle au début du siècle dernier

Curieusement appelée chapelle du Golgon et non de Saint-Golgon comme c’est l’usage, cette chapelle est  d’origine très ancienne dans un quartier originel de Trégastel lié à un personnage proche de la patronymie de Golgon, soit Goko ou Gorko.

Comme dans les vielles chapelles bretonnes, elle jouxte une fontaine sacrée, origine de l’implantation des premières communautés de Trégastel. Elle fut sans doute construite sur les traces d’un sanctuaire plus ancien, par la famille des Lannion dès le XIVème siècle (officiellement au XVIème siècle), date de leur implantation à Trégastel avec l’attribution du moulin à marée à Bryant de Lannion en 1375  et la maison noble de Toul Haran dans cette même frairie ) .

En1426 la frairie du Golyou (Golgon) est indiqué dans la réformation des fouages auprès de Lan Gastell, Ker ar meur , Ker Ylis (ces deux dernières partageant le bourg).

La dévotion pour le légionnaire martyr de Saint-Gorgon,  est sans doute plus récente.

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Saint Gorgon de Normandie

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Saint Gorgon de Trégastel

Comme pour l’église du bourg, il semblerait que la lutte de prééminence ait aussi amené la famille des Launay-Nevez à construire un transept sans doute vers 1708, date à laquelle la fontaine originelle de Golgon a aussi reçu les armes de la même famille.

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Fontaine fondatrice du site de la chapelle avec les armoiries des Launay-Nevet

Nos ancêtres prenant soin de la santé de leurs bêtes comme de leur propre santé, on demandait à Saint-Gorgon de protéger les chevaux. L’autel était alors tapissé de crins de cheval pour le pardon du 2ème dimanche de septembre.
L’autre saint vénéré dans la chapelle est Dorothée, un autre officier romain martyr à la même époque (303) à Nicomédie.

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Une partie de l’ancien retable démonté.

Rien ne permet, à part une homonymie de comprendre comment Gorgon vénéré dans toute la France a aboutit avec son compagnon d’infortune à Trégastel.

A la révolution la chapelle Saint-Golgon est préservée car sa frairie garde une relative indépendance qui favorise la conservation de la chapelle. On notera qu’aucune des chapelles de Trégastel ne figure dans les biens nationaux car leur culte est préservé par les Trégastellois ..

Le calvaire d’entrée de 1780 offert par la famille Lucas-Gaffric est complété en 1819 par une croix de carrefour à proximité de la chapelle des paroissiens de la frairie (peinture ci-dessous). (Le terme de croix est plus adapté d’ailleurs à ces deux édifices qui ne représentent que le Christ).

En juillet 1781, le cimetière de l’enclos est sacralisé par Monsieur l’abbé Du Largez recteur de Pleumeur-bodou avec la permission de l’évêque de Tréguier. La croix de 1780 devient la croix du cimetière avec l’autorisation d’y enterrer les morts de la frairie. Sans doute avant cette date seule, la chapelle avait le droit de recevoir les défunts chrétiens. Sont présents Monsieur Neyrod recteur de Trébeurden, Yves Le Tonsorer Maire de Trégastel, Monsieur Lagain recteur de Trégastel et Monsieur Le Moine curé de Trébeurden.

En 1869 une fresque murale peinte par Herlidou de Guingamp vient orner le mur au dessus de l’autel.

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