Les moulins

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Le moulin bleu vers 1900

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Trégastel possèdait 5 moulins dont trois sont encore visibles

Voici leur histoire tirée du document: Entre histoire et légendes sur les côtes trégorroises de Roger Le Doaré
Moulins à vent : 3 (Crec’h ar Gann, Kerlavos, Guidern)
Moulin à eau : 1 (Lost Lododen )
Moulin à mer : 1 (Grand Traouiero)

Le premier moulin que nous rencontrons à Trégastel en suivant les deux chaussées en venant de Ploumanach s’appelle  Moulin Bleu (milin glaz) à cause de son toit en ardoise aujourd’hui. Il est plus connu sous le nom de moulin à mer du Grand Traouiéro. C’est le jumeau du moulin à mer de Perros-Guirec . C’est aussi le plus ancien puisque le droit d’édifier ce moulin fut octroyé à Bryant de Lannion par le roi de France Charles V en 1375. En effet pendant les guerres de Succession de Bretagne, les propriétés de Bryant de Lannion avaient beaucoup souffert du fait de son retournement des Montfort vers les Blois. Néanmoins le roi de France Charles V lui en est reconnaissant et par l’acte du 29 août 1375 il lui octroie le droit de moulin et de pêcherie à Trégastel.
La charte de 1375 (Le document est à la Bibliothèque Nationale -section ancienne -cote 11107 N°CCV).
« Charles V, savoir faisons à tous présens et à venir que nous considérons les bons et agréables services que ami et féal chevalier Briant De Lannyon, nous à fais en nos guerres et ailleurs à notre honneur et proffit et les griefs et dommaiges que il a eus et soustenus par nos ennemis que de nouvel ont ars et destruit plusieurs manoirs ethabitations que le dit chevalier et sa femme avaient en Bretaigne. A y celluy chevalier avons octroyé de notre auctorité royale certaine science et grace especial et octroyons par la teneur de ces lettres pour luy et pour ses choirs et successeurs ou ceuls que de luy auront cause à tous jours mais que il puisse faire et édifier un moulin sur le bras de mer I qui vient par l’eaue qui vient de Trov Meur entre le lieu que l’on dit Toul ar Carhent et la ville de Poulmanac’h, laquelle eaue départ la paroisse de Perros-Guirrec en l’éveschée de
Dol et la parroisse de Trégastel ên l’éveschée de Tréguier et avec celuy donnons de notre dite auctorité et grace especialla pescherie en l’eaue de la mer qui surmontera la chaussée du dit moulin de laquelle chaussée l’un bout sera en ladite parroisse de Perros-Guirrec et l’autre bout en la dite parroisse de Trégastel tout en la terre dudit chevalier etvoulons et avons octroyé et octroyons au dit chevallier que dudit moulin et de la dite pescherie il et ses dit hoirs et successeurs et ayans cause joissent puissent joir paisiblement et perpetuellement sans préjudice d’autruy. Si donnons en mandement par lateneur de ces lettres au Senechal de Cornoaille de Léon et de Tréguier et à tous les autres justiciers et officiers de la duchée de Bretaigne présens et à venir ou à leurs Lieutenants et à chascun d’euls si comme à luy appartiendra que le dit chevalier ou ses genz pour luy souffriront faire et édifier le dit moulin et dicelluy et de la dite pescherie les fascent (?) et laissent et ses diz hoirs et successeurs et ayanz cause de lui joir et user paisiblement et perpetuellement selon notre présente grace cessant tout empeschement et que ce ferme et estable chose de toujours nous avons fait mettre notre scel à ces lettres sauf en autres choses notre droit et l’autruy en toutes. Donné au boys de Vincennes, le XXIxe jour d’aoust l’an de grace MCCCLXXV et le XIle de notre Règne.
Par le Roy: Yvo.
[ en haut et à gauche de l’acte: licencia construend unum molendum donné à messire Briant de Lannyon, chevalier].
Cette saisine du roi de France dans le duché de Bretagne a de quoi surprendre les puristes, mais il semblerait qu’avant le rattachement de la Bretagne à la France en 1532 le roi se permettait déjà certaines prérogatives.
Construit quelques années plus tard, il fonctionnera jusqu’en 1932. Il fut de nombreuses fois arrêté et laissé à l’abandon, mais à partir de la rénovation de 1767 (inscrite sur le linteau), son importance liée à la croissance de la population, n’est plus contestée. Il possédait deux roues latérales à aubes dont les coursiers (chenaux) sont encore visibles aujourd’hui.
Par contre la propriété par la famille des Lannion a été contestée dés que la famille des Nevet a revendiqué la prééminence sur Trégastel (Tome I) vers 1672. Comme en 1668 lorsqu’un arrêt du conseil du Roi ordonne que tous les propriétaires de moulins construits sur les ponts remettent leur titre de propriété dans un délai de trois mois pour éviter d’avoir leur moulin rasé. Ce que le seigneur de Lannion contestera en s’estimant non sur un pont mais une chaussée terrestre. La famille des Lannion conservera le moulin après la Révolution car en 1824 Madame de Tourzel héritière des Lannion est toujours propriétaire soit près de 500 ans plus tard après l’acte royal.

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Le caveau du moulin et sa lanterne (la poterne est ici rectangulaire)

Vers la fin du XIXème siècle, noter les pignons ouverts protégés par des panneaux de bois
Ce moulin a aussi une particularité, car il est construit sur le ruisseau Kerougant qui sépare Trégastel de Perros-Guirec, mais aussi l’évêché de Tréguier de celui de Dol, les Blois des Montfort, les Ligueurs des Royaux et la famille des Barac’h des Seigneurs de Lannion. Pendant de longues années, la couleur politique locale fut également différente de part et d’autre de cette frontière naturelle. La maison noble de Kerougant appartenait d’ailleurs à Marguerite du Cruguil qui en épousant Bryant II de Lannion lui offrait une porte d’entrée à Trégastel, royalement confirmé par la suite par la charte du moulin.
Cela ramène également à une vieille polémique qui proclame qu’aucune route côtière n’existait avant la Corniche entre Perros et Trégastel. Pourtant en 1509, les deux chaussées appartenant au même seigneur, les habitants de Trégastel dépendant de la famille des Lannion devaient, d’après le droit de ban, faire moudre leur blé aux moulins à mer (et surtout aux grandes marées, périodes de fonctionnement maximum) utilisant ainsi cette première corniche entre les deux paroisses. Par la suite le bon sens semble ne plus avoir prévalu comme le montre cette pétition de 1918 pour le rattachement des deux chaussées des moulins avant l’arrivée de la Corniche bretonne. On remarque d’ailleurs que ce bel ouvrage de tourisme de 1920 s’appuiera finalement sur une chaussée du XIVème siècle

Fonctionnement du moulin à mer :
La Côte ayant le rare privilège de posséder deux moulins à marée encore debout (ne pas oublier non plus celui de Bréhat, entièrement rénové), il semble opportun de revenir sur leur fonctionnement, différent de celui des moulins à eau malgré des principes d’utilisation analogue.
Dans ce cas, le bassin de retenue se remplit d’aval en amont grâce à des ouvertures relativement basses dans le barrage qui supporte généralement une chaussée. Ces ouvertures sont refermées naturellement par un clapet lorsque la marée s’inverse. Autrefois la mer recouvrait complètement la digue de retenue par grande marée. Car l’intérêt du moulin à marée n’est pas uniquement du fait de la mer, mais du grand marnage des marées sur la Manche (plus de 10 m à Ploumanach par grande marée). Donc l’implantation de ces moulins n’est pas universelle. Il y a en effet peu d’usines marémotrices dans le monde (une vingtaine !). A Ploumanach les moulins ne fonctionnaient que pour des coefficients de marée supérieurs à 70, c’est-à-dire une semaine sur deux. Cela permettait au meunier de pratiquer les travaux d’entretien et de se reposer… car comme on va le voir la semaine d’activité est prenante.
On va donc utiliser l’eau de retenue, non pas dès que la marée se renverse mais lorsque la mi-marée sera atteinte pour faciliter l’écoulement des eaux. Le niveau de cette mi-marée est repéré ici sur la pierre du bas du quai de Pen Crec’h dans le port de Ploumanach par le meunier. Il est immuable quelle que soit la marée, mais le temps d’écoulement variera bien sûr en fonction de la marée. En plus chaque jour, le meunier doit reculer son début d’activité de 50mn en fonction du décalage de la marée et parfois ne travailler que la nuit dans notre région où les grandes marées sont tardives. Ce qui explique aussi que le moulin ne contienne pas de maison d’habitation comme pour le moulin à eau. Elle se trouve le long du port (Ty ar Miliner). Par contre il pourra utiliser le poisson de l’étang qui se vide chaque jour… mais n’a pas le droit de le vendre.
L’autre distinction vient du flux lui-même. Dans le cas de l’eau, sauf en période de sécheresse, le liquide est disponible depuis le bassin de retenue à travers un bief à la demande. On peut donc choisir ses heures, voire ses jours de travail. On utilisera alors une roue à aube large car le flux est moins puissant mais dure plus longtemps. Dans le cas du moulin à marée, il faut utiliser rapidement un fort débit qu’il faut néanmoins économiser dans le temps imparti de la marée. Les aubes seront donc étroites dans un coursier adapté et il y a aussi intérêt à doubler les roues comme c’est le cas à Ploumanach pour les deux moulins. Les coursiers profilés dans le granit sont alimentés à partir de deux vannes réglables à la main par un mécanisme à manivelle. Par contre seuls de rares moulins aux biefs complexes utilisent les deux sens de la marée, comme l’usine marémotrice de la Rance.
Le mécanisme de transmission de la rotation lui- même est analogue, à ceux des moulins à eau avec des pignons. Ici nous partons d’une roue à 8 palles. Le schéma explique l’utilisation des renvois par un lanterneau. La plupart des pièces étaient autrefois en bois (de poirier en particulier pour les engrenages, bois souple et dur à la fois). Ensuite le fer commença à remplacer certaines pièces d’où l’adjonction d’une forge à proximité du moulin comme dans ce dernier.
Mais la pièce principale du moulin est bien sûr l’équipage de meules avec la gisante et la tournante. Aujourd’hui seuls trois équipages équipent ce moulin qui en contenait quatre à sa grande époque. L’équipage unique à l’est faisait principalement de la nourriture pour bétail à partir de 1900. Les meules de ces moulins ont évolué comme on l’a vu au cours des âges. Passant de la pierre unique, ici en granit (la meule bretonne) à la meule composite en pierres de Rouen à mesure que la taille des meules ne permettaient plus de trouver des pierres adaptées d’un poids non prohibitif.
Nous avons eu la chance à Ploumanach de retrouver après les dragages des marées noires, une des meules primitives aujourd’hui ramenée prés du moulin. L’étude de ses stries pourrait la dater de l’époque napoléonienne. En effet à partir de cette date les stries à rayons se doublent de stries diagonales pour permettre l’éjection latérale rapide du grain et éviter sa carbonisation. En effet la vitesse de rotation variait d’un à quatre tours à la seconde pour une meule pouvant atteindre 800 kg pour 1,5m de diamètre. Par la suite un cerclage sera ajouté pour éviter la déformation des meules composites à base de grès et de ciment.

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La meule en granitretrouvée sur la plage de la Bastille en Ploumanach

Retrouvée sur la plage la Bastille, la meule vue du dessus, on remarque le trou central et les stries. Elle est aujourd’hui sur la chaussée à gauche du moulin.
On comprend que le contrôle de la surface de contact entre les deux meules et de l’horizontalité est essentiel à la qualité de la mouture. Ce contrôle est effectué par le meunier, souvent à l’œil ou à l’oreille grâce à une commande à pied ou à vis où le gros fer s’appuyant sur une traverse appelé anille lève ou descend la meule tournante de quelques millimètres. Ces meules s’usant rapidement leur rhabillage se fait parfois annuellement. Dans ces moulins à mer il existe des grandes poulies (guindeau) en forme de cage d’écureuil qui permet de lever sur la tranche les meules pour reformer les sillons à l’aide de bouchardes (aiguisées dans la forge). Il fallait ensuite roder les meules en faisant le riblage. D’abord avec de l’eau, puis du sable et enfin du son avant de se lancer dans les grains. Ces rares installations sont encore présentes dans ce moulin.

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L’une des rares photos du moulin avec sa roue. Le bâtiment de droite abritait une petite machine à vapeur alors en essai.

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Le moulin vers 1890 par Théophile Salaün, au fond la maison du meunier Ty ar miliner toujours présente aujourd’hui.
En 1824 le moulin est imposé à 120 livres alors que le moulin à eau de Lost Logoden dans la vallée n’est imposé qu’à hauteur de 20 livres, tandis que les trois autres moulins à vent (Kerlavos, Guidern et Crech Ar Gann) sont imposés à 45 livres On voit donc la rentabilité de ce type de moulin qui fonctionnera jusqu’en 1932 avec la mort de son dernier meunier Toussaint Le Brozec. Dans l’évolution du nombre de quintaux fournis, on notera une amélioration des moulins à vent par la suite avec une équivalence à quelques dizaines de quintaux par jour pour les deux types.

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La meule de granit ramenée près du moulin
On peut penser que la meule bretonne trouvée date de la période napoléonienne, époque où les meules ont commencé à être rainurées pour éjecter la farine vers l’extérieur. Les meules actuelles laissées depuis 1932 sont de type française composite et cerclées de fer.
La seule partie manquante du moulin est la bluterie alors à l’étage.

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Au premier plan on remarque le guindeau de relevage en forme de roue à écureuil comme au Mont Saint-Michel pour monter les charges aux étages du Mont. Il servait au réalisage des meules.

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L’une des trois dernières meules françaises

 

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Intérieur du moulin à mer avec les deux équipages de meules à céréales.

La bluterie aujourd’hui disparue se trouvait à l’étage.

La bluterie se présente comme un meuble de 3 mètres de long environ généralement en chêne ou en « bois meslé ». Le sas tourne à l’intérieur et blute la farine. Il consiste en une fine toile de soie ou de crin, la chausse, fixée à des cercles de bois formant le cylindre tournant.

 

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Le moulin à mer et son mécanisme complet

L’entretien de la bluterie était assuré par les rentoileurs qui passaient, de loin en loin. Ils remplaçaient les laizes de soies usagées, au travers desquelles passent par ordre de finesse, depuis la fleur en tête, jusqu’au son (gruaux) à la sortie
Il y avait une douzaine de laizes, les quatre dernières fournissaient le remoulage blanc, le remoulage bis, le son commun, le son batard, et le gros son sortait par l’orifice au cœur du tambour de la bluterie. Le blutage se faisait après avoir « refroidi » la farine (repos de la farine pendant plusieurs jours).
Le rendement était autrefois de 30 à 45%. Le reste servait aux animaux. En période de disette, le gruau était tamisé et repassé sous la meule afin d’en obtenir plus. Mais cela donnait une farine moins blanche car une partie de l’enveloppe du grain était broyée. Cette farine se conservait moins bien. De ce fait, les fermiers n’apportaient qu’une petite quantité nécessaire de grains à moudre.
Pour comparer, avec les minoteries modernes, le rendement est aujourd’hui de 75%.
Au moyen âge, un épi de blé était composé en moyenne de 4 graines, au début du XXème siècle, un épi avait 8 graines. Aujourd’hui par sélection et recoupement des variétés, un épi de blé possède 40 graines.
Comme dans le petit Traouiero, le moulin à mer est doublé par un moulin à eau, c’est le moulin de Lost Logoden (la queue de souris) On peut penser qu’il tient son nom de la forme du bassin de retenue qui se prolonge par un bief en queue de souris. Ce bief est curieusement à flanc de coteau pour arriver pratiquement à la verticale de la roue à aubes.

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la vallée vers 1900, à gauche les ruines du moulin de lost logoden

 

 

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Les trois moulins des traouiero à l’époque du Ier Empire localisables grâce aux retenues d’eau

On l’appelle aussi le moulin du diable. Sans doute l’environnement et le vacarme des mécanismes et de l’eau
« Le roi des enfers y avait élu domicile, le pays lui plaisait sans doute. Les infortunés meuniers qui se succédaient en ce logis si mal fréquenté, ne pouvaient fermer l’œil ou mettre en branle leurs meules sans avoir à subir mille vexations d’un goût douteux, si bien qu’ils l’empressaient de déménager. Un jour, un homme plus fanfaron ou plus courageux déclara, après boire peut-être, qu’il était las d’entendre raconter sans cesse, dans son village, pareilles sornettes et jura d’en avoir le cœur net; il apporta donc son lit au moulin et se coucha. Il dormait comme un bienheureux, quand, vers minuit, un fracas épouvantable le mit sans dessus dessous: le poil dressé sur la tête, il entendit les rocs de la vallée bondir et se heurter les uns contre les autres, comme s’ils jouaient à saute-mouton, pendant que les murs du logement étaient secoués comme un prunier. Bref l’infortuné se trouva, avec son lit, transporté sur le sommet de la colline voisine. Il prit ses jambes à son cou et oncques ne parla de revenir ».
Situé à Trégastel, il est dit appartenir au Comte de Lannion. Ses meuniers se sont succédés sans succès et les carriers ont finalement utilisé la force motrice de l´eau du bief pour forger les outils de perce dés le début du siècle dernier. La carrière proche est en effet l´une des plus importantes extractrices de granit à cette date. Elle est exploitée par la famille Etienne venue des Vosges puis par les Rivoalan qui utiliseront le moulin pour actionner un fil diamanté de 200m de long pour scier le granit, autre vocation des moulins de la Côte. En fait il utilisera uniquement la force hydraulique par une conduite forcée et un mécanisme de rotation. Ce granite dit vert à cause de certains de ses reflets avait une telle réputation qu´il fut choisi pour les 52 sarcophages de Douaumont. Ce sera sa dernière utilisation dans les années 50, mais le moulin lui-même, aujourd’hui en ruines a perdu tout ses attributs depuis le début du siècle dernier

En amont on trouve sur les collines du bourg, le moulin a vent de Crec’h ar gant .La plus ancienne mention date du 30 juin 1779 : « Terres appartenant au seigneur Duc de Coigny, le féage du terrain d’un moulin à vent possédé par Jacques Saliou pour payer par an 15 livres ». En 1792 et en 1800, le meunier est Noël Saliou. Le moulin figure sur les cartes maritimes et les cadastres de 1819 à 1937. Lorsque l’amoulangeur Jean Peillet l’a vu pendant les années 1970-1980, il y avait encore des vestiges du toit. Il est surprenant de trouver le duc de Coigny en Trégor. On sait qu’il fut proche de Marie Antoinette comme la famille de Tourzel du cousinage des Lannion-Cruguil. Est-ce un indice ?
Ce moulin a la particularité d’être construit sur un gisement d’aplite, un granit ocre assez rare qui a servi pour construire la maison du meunier aujourd’hui réhabilitée.

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Moulin de Creach ar Gant et la maison du meunier en aplite (l’un des granites original de Trégastel)

Le deuxième moulin à vent de Trégastel est celui de Kerlavos, situé sur un tertre dominant la côte nord-ouest de la baie du même nom. Il fut certainement détruit au cours de la 1ère moitié du XXème siècle. Il fut à cette époque remplacé par une petite maison de pêcheur dont la forme en croupe rappelait une boite à sel d’où son appellation par Charles Le Goffic de chipot Olen.

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La chipot Olen face nord

Une maison moderne a aujourd’hui été construite à son emplacement en conservant le chambranle de porte intitulé Milin.

La plus ancienne mention de ce moulin date de 1679 : « Manoir de Querlavez, Parc Measen Millin où est sis ledit moullin à vand et 3/4 de journal… » En 1848 son meunier était Lissilour Jean-Marie. Le moulin de Kerlavos figure sur la carte de Cassini et sur toutes les cartes maritimes jusqu’en 1937.

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Le moulin reconstitué dans sa splendeur passée

Dans les années 50 le moulin est devenu la chipot olen . Sous le moulin, la maison du meunier, parfaitement restaurée se situe à Mez Ar Milin

 

 

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Le manoir de Kerlavos reconstitué dans son architecture d’origine (XVème)
Il dépendait du manoir de Kerlavos voisin (en bas à droite) dont le propriétaire appartenait à cette époque à la famille Pinart-Le Borgne du manoir de Kérariou à Trébeurden affiliée à la famille de Lannion. En 1658, on sait qu’il est vendu au Launay-Nevez qui tente en même temps que la prééminence de Trégastel de s’attribuer les droits sur tous les moulins avec plus ou moins de réussite comme on l’a évoqué pour le moulin à mer.
Le dernier moulin à vent de Trégastel se situe à l’extrémité sud de la commune. C’est le moulin à vent de Guidern.

Il existe encore aujourd’hui dans un état délabré sur un tertre envahi en partie par la végétation. La plus ancienne mention date de l’après Révolution mais il est certainement plus ancien. En septembre 1797, son meunier était René Salaün; en 1848, Thomas Jean-Marie, qui employait un seul homme, 1 femme et 4 enfants. Le moulin figurait encore sur une carte de 1855, mais n’est plus mentionné sur les suivantes. Son propriétaire est M. Hingant sans doute de la famille du château de Kerduel. La maison du meunier se situe dans le hameau proche de Goas Gwen qui a gardé son charme d’antan.

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Le moulin du Guidern aujourd’hui