Balades à Trégastel

Pendant cette période particulière,  notre site internet recevant de plus en plus de visites de randonneurs, se doit désormais  de correspondre à des besoins nouveaux .

Vous recherchez des endroits de liberté dynamique, hors des contraintes du confinement. Si vous voulez éviter de rester trop longuement sur les plages, nos sentiers de randonnées dont celui du littoral présent sur toute votre commune respecte les conditions sanitaires, si l’on applique les règles de bon sens et de civilité lors des croisements.

Mais attention ces circuits sont réservés aux piétons avant la création de circuits cyclables.

 

CIRCUIT 1  (cliquer sur les cartes et les photos pour les agrandir) 

5,5km Durée 1h30

1.LA BAIE DE KERLAVOS (repère 1, chaque chapitre s’appuie sur un repère
La baie de Kerlavos porte le nom du manoir voisin visible en fin de parcours. Dans cette baie on retrouve le moulin du château mais aussi les rouissoirs à lin le long du chemin du littoral qui donne le nom ancien de Coz stanko (les vieux étangs) et la pêcherie du château qui donne le nom de Gorastell à cet endroit avec ses digues encore visibles. Le sentier du littoral créé en 2005 permet de contempler en toute discrétion un marais maritime, avec sa faune et sa flore, recouvert à marée haute. C’est le domaine des aquarellistes utilisant les bateaux en hivernage comme premier plan

Les premiers plans ont aujourd’hui disparu avec une loi iconoclaste qui les a fait bruler

 


La baie de Kerlavos et son moulin reconstitué à son emplacement tel qu’il était en 1679.

 

Une vue de la baie depuis le banc offert par l’association

Le chemin du littoral de Kerlavos

C’est aussi sur ces rivages que se trouvait  une forêt de petits chènes et une allée couverte au néolithique, une fabrique de sel à l’âge du bronze, puis une motte féodale au haut Moyen-âge qui donnera par la suite le manoir de Kerlavos par translation sur le rivage.

L’ancienne forêt de chênes datant de 2300 AJC encore visible dans la baie

2.POUL AR CHOURES

Cette petite plage abritée porte le nom d’un rocher au large qui protège les pêcheurs d’où le nom le trou de la courtoise. Sur cette plage la famille du poète et chansonnier Durocher, a fait construire deux grandes villégiatures dont Kerninoch vers la fin du XIXéme siècle à l’invitation de son ami Charles Le Goffic qui avait acheté dans le voisinage Run Rouz en 1888. C’est là que se réunissaient et se baignaient les peintres et écrivains illustres de l’époque dont Mauffra, Desaunay, Maurice Denis, Anatole Le Braz et Félix Le Dantec. Une plaque commémorant le chansonnier sera apposée en 1937 dans l’enclos de la chapelle Sainte-Anne.
Cette anse recelait à marée basse les traces d’une forêt visible encore au XVIIIème siècle, témoin d’une époque où la mer n’entrait pas encore dans la baie. Le sentier s’écarte un instant de la mer dans le quartier du Grannec aux fermes très anciennes et remarquables par leur four à pain apparent en saillie.

Kerninoc’h

Durocher avec Le Goffic à Kerninoc’h

Durocher sur ses terres par Dezaunay

3.CARRIERES MEYER
Le long de l’estran et jusqu’à Landrellec le trait de côte a été modifié par une intense exploitation du granit lorsque son acheminement se faisait encore par mer. Ce granit se retrouve dans les pavés de Paris, les quais du Havre, de Dunkerque et de Rouen. Cette exploitation perdurera jusqu’à la Guerre avant que les moyens de transport et la protection des sites du littoral ne transfèrent les carrières dans les terres.
En passant on remarque une structure rouillée de l’exploitation qui n’est qu’une poutre du radar allemand Wurze-Riese du panorama de Trégastel utilisé ici comme grue dès 1947.
On remarque encore sur les rochers les dernières entailles des chante-perce des carriers

4. BRENGUILLER
Le sentier remonte alors vers le hameau de Brenguiller (la colline du village) ligne de partage avec Pleumeur-Bodou. Ce hameau par son étymologie rappelle une petite garnison romaine (comme tous les Guillers) implantée vers le IIIème siècle et relié à la base principale du Yaudet par une voie qui sépare encore les deux communes et que nous allons maintenant emprunter.

Ce village sans doute réputé pour  la vente du sel issu des fours  de la côte de Trégastel et Pleumeur-bodou (voir carte point en rouge)

les recherches à Enez vihan
La croix (Croas coz) a été ramenée à cet endroit par des Soeurs Augustines qui possédaient de famille ce hameau. Elle était autrefois sur un croisement de voies très anciennes bouleversées à Pleumeur-Bodou lors de l’installation du Radôme.

5. POUL BREN
En descendant de la colline on arrive dans la partie basse (Poul) matérialisée à gauche par une fontaine et le reste du lavoir public du hameau. A Trégastel jusqu’aux années 50 une vingtaine de lavoirs étaient toujours en service comme mentionné précédemment.
L’adduction d’eau comme celle de l’électricité commencée dans les années 30 mettra beaucoup de temps à atteindre tous les hameaux reculés.
Une des nombreuses fontaines de talus qui ont abreuvé les Trégastellois pendant des siècles. Vous ne les trouverez pas toujours ; elles sont devenues discrètes ou abandonnées malgré les services rendus

6. LA VOIE  ANTIQUE
En limite de commune nous poursuivons notre itinéraire en quittant la route vicinale goudronné et en reprenant la voie antique vers le Yaudet. Dans une des propriétés adjacentes on trouve une borne dite romaine preuve de l ‘importance de cette voie pour le trafic du sel.  Les routes anciennes sont caractérisées dans la région par les dalles verticales de granit qui les bordent sans que l’on sache la date exacte de ces implantations.

Autrefois encaissée cette voie a été imparfaitement rehaussée récemment en lui enlevant le charme de chemin creux mais permettant une circulation en toutes saisons dans cette zone lacustre depuis des siècles puisque Landrellec était une Île il y a 140 000 ans
A cet effet, la Corniche bretonne créée à cet endroit en 1930 nécessita un remblai de plusieurs mètres. Cet endroit s’appelle d’ailleurs le Guern, c’est à dire l’aulnais dans un marais. C’est d’ailleurs le point le plus bas de cette voie antique qui remonte vers le golf et prend véritablement le nom de voie romaine .


7.KERGUNTUIL
En remontant par cette voie vous remarquerez les ornières creusées dans le granit depuis des siècles pour transporter goémon et sel
A sommet de la côte est une jolie ferme avec une croix appelée la maison du curé.
A cet endroit une bifurcation des chemins antiques nous ramène vers Trégastel par la gauche alors que la voie romaine continue tout droit vers le Golf de Saint-Samson. Depuis plus de 5 000 ans, cet endroit est habité comme le prouvent le dolmen et l’allée couverte de Kerguntuil explorée en 1939 et caractérisée par ses gravures du néolithique. Une partie des résultats des fouilles se trouve dans la vitrine de la Mairie. Une famille troglodyte vivait dans le dolmen au début du siècle dernier

Les vestiges des fouilles de Kerguntuil  avant la guerre se trouvent aujourd’hui dans la vitrine de la mairie près de la stèle gauloise mise a l’abri en 2018.

sites mégalithiques de Trégastel

 

 

8 CROIX DE CROISEMENT

Le premier chemin en bleu est impraticable par temps humide et parfois délaissé. Aussi la route goudronnée (en pointillés bleus) est une sage solution moins champêtre mais tout aussi historique car vous êtes sans doute sur la première voie reconnue de Trégastel. Au carrefour prés de la Mairie existait d’ailleurs une vieille croix de croisement de 1666 offerte par les familles Keraudren- Le Cozic transportée au centre du nouveau cimetière en 1947 et remarquable par  le Jean Baptiste portant un agneau dans les bras dans les bras à l’envers de la croix.

 

9.LE MANOIR DE KERLAVOS.
En passant devant la mairie on trouve sur la gauche un chemin carrossable vers le Manoir de Kerlavos jusqu’aux ruines aujourd’hui réhabilitée. Ce manoir appartenait à la famille des Ponteven au XVème siècle puis aux Le Borgne par mariage. De cette famille de Trébeurden qui possédait le manoir de Kerariou, l’un des fils sera l’auteur de l’Armorial des nobles bretons en 1667. Charles Le Goffic qui fréquentait ces ruines au début du XXème siècle y plantera en voisin le décor de La double confession.  Derrière se trouvait un pigeonnier  et l’hypothétique trésor venant d’un naufrage au Coz-porz au XVIIème siècle. L’une des fermes  s’appelle Creach ar Bannier sans doute le corps de garde où flottait la bannière des Ponteven.

pour en savoir plus cliquer:

Kerlavos

Circuit 2  :  7km soit 2h

1.CHAPELLE SAINTE-ANNE DES ROCHERS.
Sans doute située sur un ancien lieu de culte celte comme le prouve la stèle de l’âge de bronze trouvée derrière la chapelle et aujourd’hui dans la  Mairie, cette chapelle fut bâtie en 1636 à la demande de Jean des Aubrais seigneur de la famille des Lannion qui avait la prééminence en Trégastel. Lieu de culte de la frairie de Langastel, elle avait son cimetière jusqu’à la révolution dans l’enclos aujourd’hui reconstitué. Elle fut agrandie successivement en 1927 et 1933 comme le montrent les nouveaux transepts. Sans doute, c’est aussi là à Langastel (monastère du château) que quelques moines vers le VIIIème siècle érigèrent un sanctuaire sur les restes d’un petit temple gallo-romain à l’abri de la petite garnison de Coz-Castel. La tête de christ de l’enclos vient du sommet du grand calvaire du bourg décapité par un orage vers1920. Le socle de l’autre croix est la base originelle de la croix de cimetière de 1638 alors au nord de la chapelle.

La croix décapitée dans les années 50 avec  un toit colorié erratiquement

Déportée à cet endroit pendant les années 20 croix fut renversée pendant la dernière guerre. Retrouvée, elle reprendra sa place vers les années 50 légèrement diminuée près du Christ du calvaire repositionné également

Les années 30

L’enclos au XIX ème siècle

L’enclos aujourd’hui

 

Près de la chapelle on trouve aussi les médaillons de Du rocher et de Le Goffic les amis et écrivains  poètes villégiateurs de Trégastel.

Inauguration du médaillon de Charles Le Goffic le 14 juillet 2013 en présence de sa petite-fille

pour en savoir plus cliquer:

Lankastel

2.OFFICE DE TOURISME
Devant l’Office, le petit menhir est le seul vestige d’une allée couverte aujourd’hui disparue à Keredol et dont nous traverserons le site près du manoir de Kerlavos.
Derrière l’office du tourisme se trouvait le lavoir municipal, centre de la vie sociales jusqu’aux années 30. Une vingtaine de lavoirs permettaient aux Trégastellois de faire leur lessive avant l’arrivée tardive de l’eau courante vers 1920. Le fronton de la fontaine est toujours là.

3 RUE DE L’ABBÉ BOUGET.
En empruntant la rue de l’Abbé Bouget, (anciennement rue de Langastel) on se souviendra de cet infatigable recteur qui a construit le père éternel et le grand calvaire de Trégastel entre 1866 et 1877. Cette voie était jusqu’en 1918 l’unique rue menant au bourg. Quelques vieilles fermes restaurées montrent la pérennité de l’habitation sur cette voie ancienne.

 

4.LE MANOIR DE KERLAVOS.
En quittant par la droite cette rue on se dirige vers une résidence récente mais dès qu’on l’abandonne, on revient au XVème à travers la lande vers le Manoir de Kerlavos en faisant un crochet par la droite jusqu’aux ruines aujourd’hui réhabilitée. Ce manoir appartenait à la famille des Ponteven au XVème siècle puis aux Le Borgne par mariage. De cette famille de Trébeurden qui possédait le manoir de Kerariou, l’un des fils sera l’auteur de l’Armorial des nobles bretons en 1667. Charles Le Goffic qui fréquentait ces ruines au début du XXème siècle y plantera en voisin le décor de La double confession. En revenant sur son chemin par Poul Fich on se trouve dans la basse cour du manoir, où autrefois était le pigeonnier et l’hypothétique trésor venant d’un naufrage au Coz-porz au XVIIème siècle. L’une des fermes qu’on laisse sur la gauche s’appelle Creach ar Bannier sans doute le corps de garde où flottait la bannière des Ponteven.

pour en savoir plus:Kerlavos

 

5.POUL FICH .
Le quartier de Poul Fich est un quartier très ancien à l’abri du manoir de Kerlavos et des vents dominants. Une pièce romaine d’Hadrien rappelle la petite garnison sans doute présente au IIIème siècle et que l’on retrouvera au Coz-castel. La grande maison à droite bordée de mur fut la retraite d’Anna Wolska, la maîtresse d’Abakanowicz le propriétaire du château de Costaéres à partir de 1896. A la mort prématurée de celui-ci en 1900, sa fille Sofia lui demanda de quitter les lieux. Elle s’installa alors à Poul Fich où elle s’éteignit en 1929. Un oratoire dédiée à Sainte-Anne sa patronne embellissait le jardin.

 

6. LE PALACRET.
En quittant Poul Fich on traverse un quartier ancien méconnaissable du fait de la construction de la nouvelle route de Lannion vers 1918. Il porte pourtant un nom plein d’histoire : Le Palacret
Un palacret ou paraclet (Saint-esprit) était généralement un hospice créé par les Hospitaliers Saint-Jean de Jérusalem qui accompagnaient les moines défricheurs. Or les Cisterciens, arrivés à Bégard vers 1136, feront rapidement occuper les landes trégastelloises par les moines converts. Les chevaliers hospitaliers vénèrent Jean mais aussi Laurent qui aura rapidement sa chapelle au bourg et restera le Saint patron de Trégastel.
La fonction hospitalière des ces lieux perdurera dans les temps modernes puisque la Comtesse Foucher de Careil fera bâtir un sanatorium que l’on voit sur la gauche en 1899. Sanatorium converti en hôpital complémentaire 102 pendant la première guerre avec le Castel Sainte Anne. Il était tenu par les Soeurs de Saint Vincent de Paul.

Plaques commémoratives des hôpitaux complémentaires

7.KERWOENNES.
En quittant une résidence récente, un chemin ombragé nous conduit vers les contreforts du bourg à travers Kerwoennes. Ces fermes en blocs de granit imposants existaient au XVème siécle et appartenaient alors à Ian Salaün fils de Guillaume propriétaire de Rochlouarn, le deuxième manoir de Trégastel prés du moulin à vent du Guidern. La première école communale moderne appelée par dérision l’université du Golgon verra également le jour en 1952 à Kerwoennes

 

8.CREC’H AR GANT.
La montée suivante s’appelle Crec’h ar Gant, (tertre du combat) sans doute à cause d’un combat livré par Jean de Lannion, seigneur des Aubrais mousquetaire du Roi qui habitait Kerlavos, à quelques brigands réfugiés dans ces landes inoccupées vers 1635. La famille des Lannion y édifiera un moulin encore visible aujourd’hui sur le promontoire d’une carrière d’aplite (granite à grain fin de couleur ocre). La ferme rénovée ancienne maison du meunier est construite dans ce matériau. C’est le même Jean qui a fait bâtir la chapelle de Sainte-Anne en 1636.

Le chemin qui de Crec’h ar gant, nous ramène au bourg nous fait passer devant une belle bâtisse au style hollandais. C’est la première mairie bâtie (en 1833) associée avec l’école communale des garçons, celle des filles étant alors dans la Grand’maison du bourg.

9  l’Eglise Paroissiale.
Après quelques minutes de marche sur un chemin qui domine la mer à droite, nous arrivons au bourg face à la grand’maison des Lannion. Les restes de la tour de guet face au large sont encore visibles; la deuxième tour qui assurait la vigie face au sud existe toujours quoique raccourcie vers 1900.

La tour de guet reconstituée au nord

En premier plan la table d’offrandes autrefois dans l’église pour recevoir la contribution des fidèles. Elle marque aujourd’hui la fosse communes des secondes funérailles

Ty Bras avec sa tour complète


A droite de cette belle demeure plus connue sous le nom de son propriétaire Reine-Anne de Lannion, une autre maison noble jouxte une sorte de grange plus ancienne chevauchant une fontaine. En fait, il s’agit de la chapelle Saint-Laurent, sans doute un des plus vieux bâtiments religieux du bourg. Certains prétendent même qu’il fut l’ermitage de Saint-Lavant, moine gallois disciple de Saint-Guirec qui lui s’installera à Perros-Guirec vers le VIème siècle.

D‘après une autre version il s’agit de la chapelle Saint Ion ,Chapelle funéraire de trois seigneurs de Lannion

L’église du bourg est commentée en détail au chapitre dans les sites historiquesEGLISE DU BOURG

10.LE CALVAIRE

En continuant vers le sud on découvre le Calvaire de l’Abbé Bouget construit en 1872 après bien des péripéties. Il possède une petite chapelle avec une belle piéta et un chemin de croix particulier avec des légendes sibyllines en breton et en latin au pied des statues des Saints, Joseph, Laurent, Yves, François-Xavier accompagnant un laboureur en prière. (voir ci dessous)
Le christ du sommet, endommagé par la foudre, est aujourd’hui dans l’enclos de la chapelle Sainte-Anne. L’état de la rampe du chemin de croix ne permet plus actuellement son ascension pour des raisons de sécurité.
Gwell eo diski mabik bihan evit dastum mado d’ehan (il vaut mieux instruire un petit enfant que de lui amasser des richesses)
A l’ouest du calvaire la belle bâtisse est l’école des soeurs du Saint-esprit, l’une des premières écoles des filles de Trégastel.

quelques statues du chemin de croix du calvaire

Si vous voulez en savoir plus cliquez

les œuvres de l’abbé Bouget: Le Père éternel et le Calvaire

11.CROAS AN DRET (la croix de l’étourneau)
Sur le chemin du retour on passe devant une croix de croisement commandée par la famille Corre en 1601 et faite par Saliou. La voie derrière cette croix est l’une des rues primitives du bourg. Une quinzaine de croix et calvaires ont été relevées à Trégastel dont la suivante relativement rare. Elles sont généralement placées aux croisements des voies très anciennes

 

12.CROIX DE TROPERIC.
Cette croix est particulièrement remarquable par son excroissance à mi-croix sensée représenter le bubon de la peste. Il existe de nombreuses croas ar vossen en Bretagne à l’issue des épidémies de peste lorsque les familles épargnées remerciaient Dieu comme ici Marguerite Lissillour : Mad oas (tu fus bon)
Près de cette croix, se trouve une des entrées du parcours des Traouiero. C’était jusqu’en 1920 l’aboutissement de la route venant de La Clarté avant la construction de la corniche.
La visite des Traouiero vaut à elle seule une randonnée indépendante par le circuit numéro six.

 

 

13. KERAWEL
Ce hameau était autrefois réputé pour le rouissage du lin. Un ruisseau alimente de vieux rouissoirs aujourd’hui perdus dans la végétation, mais le nom des parcelles (Park ar lin) rappelle que cette culture fit jadis la richesse de la Bretagne. D’ailleurs l’une des granges récupérée en 1925 est aujourd’hui l’élégante aile méridionale de la chapelle Sainte-Anne. En s’engageant dans le chemin conduisant au Golgon on découvre l’un des plus beaux panoramas de Trégastel vers les Sept îles.

A droite vers le sud  la nouvelle aile qui semble étrangement la plus ancienne.

14. LE GOLGON
Le hameau du Golgon est l’une des plus vielles frairies de Trégastel, une sorte de sous paroisse qui s’articulait autour de sa chapelle et son cimetière entouré de son enclos sous la protection de la croix de cimetière (1780). Si elle n’a pas perdu sa sacralisation, elle n’est plus aujourd’hui utilisée comme lieu de culte sauf pour son pardon en juillet. Dédiée à Saint-Gorgon et Saint-Dorothée légionnaires martyrs en Nicomédie, la chapelle fut construite vers le XVIIIème siècle par la famille des Lannion puis modifiée par la famille des Launay-nevet sur l’emplacement d’un lieu de culte ancien.
Une fontaine sacrée aux armes des Launay-Nevet, dans un champ privé est sans doute, comme souvent en Bretagne, à l’origine de la naissance de ce hameau vers le VIIème siècle autour d’un personnage venant d’outre-manche et appelé Goko ou Koko (sous toute réserve).
Une croix de carrefour de 1819 complète ce site entouré de fermes très anciennes

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Ancien autel

La fontaine sacrée en terrain privé

Si vous voulez en savoir plus cliquez:

CHAPELLE DU GOLGON

15. TY NEWIS
En redescendant vers le littoral, on traverse la Corniche Bretonne achevée à cet endroit vers 1920 et on arrive dans une ancienne frairie transformée après les travaux de sauvetage des différentes marées noires. Ainsi le cromlech du néolithique, cercle de pierres levées, que l’on trouve sur cette photo a disparu sous l’un des tennis créé sur les amoncellements de bitumes récupérées sur les plages après la marée noire de l’Amoco Cadiz.

Le cromlech aujourd’hui sous les tennis
16. POUL PALUD
C’est dans cette anse que l’on retrouve les traces du dernier chantier naval de Trégastel (Hervé). Le poteau électrique au centre permettait le matage des bateaux, allant des bateaux traditionnels, aux petits yachts

17. ANSE DE SAINTE-ANNE
En longeant l’anse de Sainte-Anne on trouve un enrochement spécifique fait de gabbro extrait de l’estran. Ce gabbro de couleur sombre  qui soutient les terrains côtiers est différent du granit, très dur à utiliser et présentant une résonance métallique dans certaines conditions d’équilibre. En étant patient vous arriverez peut-être à trouver et faire chanter ces pierres sonnantes à l’harmonie cristalline. Seules quelques unes ont ces caractéristiques.
Ce récital conclut votre deuxième randonnée en Trégastel.

 

CIRCUIT N° 3 (6,5Km soit 2 heures de marche)

(en cours)

 

1.TOUL BIHAN
Cette petite anse présente un panorama enrichi , en face, par l’île Tanguy et l’île au seigle qui méritent aussi une visite à marée basse (attention aux horaires). Cette anse fut perturbée à partir de 1940 par l’extraction de sable dans la dune pour la construction de l’aérodrome de Servel et plus tard du mur de l’Atlantique. Des travailleurs forcés par l’organisation TODT y creusèrent le trou en forme de terrain de football sur votre droite qui servit de camping dans les années 50.
La maison blanche à gauche de l’anse (Breiz Izel) a appartenu au Professeur Lot du collège de France qui rendit populaire nos ancêtres les gaulois par des recherches approfondies sur les origines des Français. Son gendre Boris Vildé y passa ses vacances avec son épouse Irène avant d’être fusillé au mont Valérien avec les résistants du Musée de l’Homme le 23 février 1942.

La carrière de sable de Toul Bihan se vide pour construire l’aérodrome de Servel par l’organisation TODT vers 1941

La carrière de sable comblée par des tentes dans les années 50

 

  1. La gréve des Curés

Cette plage, la plus chaude de Trégastel est appelée ainsi à cause des ecclésiastique pensionnaires pendant l’été de la communauté des Sœurs de bon-Sauveur de Guingamp que l’on traversera sur le trajet du retour.

Sur les rochers tombés sur la plage depuis le tertre voisin (crech lom) depuis des millénaires, on note les traces de l’érosion : horizontale, niveau de la mer vers 140 000 ans et oblique niveau de la couche de lœss fermant la baie après la dernière glaciation vers 40 000  ans

La grève des curés dans les années 50

 

  1. LA GREVE ROSE

Autrefois constituée de sable  et de gravier roses cette plage familiale  a été endommagée lors de la tempête de mars 2008. Pendant cinq ans notre association aidée par les riverains s’est battue pour sauvegarder la dune en enrochant la grève pour remplacer la digue endommagée indument démolie.

la digue de protection en œuvre avant mars 2008

Destruction inopinée de la digue

Son remplacement écologique de sable et de ganivelles en 2009

la réalité en 2013

L’enrochement salvateur de 2017

La réhabilitation de la Grève Rose

 

4 LA GREVE BLANCHE

Plage principale de Trégastel, elle est au mois d’août le théâtre des 24 heures de la Voile depuis 40 ans sur dériveurs 420 grâce à son plan d’eau toujours rempli quelle que soit la marée du fait de la profondeur de la côte à cet endroit.

Cette plage fut longtemps réservée aux pensionnaires  de l’institut Foucher de Careil ,filles en rose, les crevettes, garçons en petits marins.


La grève blanche en 1946

le départ des 24 h de la voile en août

5. LE SENTIER DES DOUANIERS
Le sentier des douaniers qui quitte la Grève blanche vers le Coz-pors permet de visualiser les chaos maritimes héritiers des bouleversements géologiques, il y a 300 millions d’années.

Au large, l’ile aux lapins en particulier présente les divers aspects du granit y compris des inclusions remarquables. Elle fut pendant les années 50 et 60 la villégiature de Zantic, troglodyte vivant sous le rocher aménagé appelé parfois l’obus.


A droite dans une propriété privée est la réplique de la stèle celtique visible à l’office du tourisme. Elle remplace l’originale autrefois amenée à cet endroit par le maire de l’époque Monsieur de Penanster qui avait recollé les deux morceaux verticaux stupidement utilisés autrefois en entrées de champs.


Dans le dernier virage en arrivant vers le Coz-porz, on découvre sur la droite dans la futaie une source et son lavoir. Cette source était indiquée aux marins de passage dès le XVème siècle pour l’aiguade. Le lavoir quant à lui fut aménagé lorsque le Castel Sainte-Anne devint un centre de villégiature dès 1885, lançant le tourisme à Trégastel. 200 personnes pouvaient séjourner dans cette communauté que nous décrirons sur le chemin du reto

6. LE COZ-PORZ
Première plage balnéaire de Trégastel vers 1860, le Coz-porz suivit l’évolution touristique de Trégastel, avec l’apparition des premiers hôtels puis des cabines de bain pour aboutir à son centre de thalassothérapie du forum de la mer en 1993. C’est aussi à cet endroit que les premières villégiatures vont apparaître à Trégastel, souvent démesurées par rapport à l’habitât local, encore composés de masures voire de chaumières.
En 1869, l’abbé Bouget, recteur de Trégastel dont nous trouverons souvent les créations dans ce guide, décide d’utiliser le chaos granitique derrière la plage pour en faire une chapelle pour les pêcheurs. En guise de clocher, il fera bâtir en ciment un Christ avec sa croix qui au fil de temps s’appellera le Père éternel. Après avoir été utilisé comme lieu d’habitation jusqu’à la Guerre puis musée préhistorique de Trégastel, c’est aujourd’hui l’aquarium marin

Pour en savoir plus cliquer:

.Le Coz Porzh

7. BEG AR VIR (La pointe de la flèche)
Après le Coz-Porz, le chemin se dirige vers Beg ar Vir qui clôt une anse qui depuis des siècles est le port de pêche de Trégastel. A la pointe se trouve la maison construite avant 1900 par le peintre Vibert (peintre des cardinaux), puis achetée par la famille de Hauterive liée à Alexandre Dumas.
C’est aussi sur cette pointe que l’on signale l’hypothétique présence des naufrageurs et la récupération d’un trésor qui finira dans le manoir de Kerlavos, mais toujours recherché comme tous les trésors.

une peinture réalisée par le premier propriétaire

Beg ar vir

8. L’ILE RENOTE

En contournant la pointe on entre sur l’île Renote aujourd’hui véritablement presqu’île depuis la première Guerre. Néanmoins dès 1902, un agent de change parisien, Monsieur Gadala, s’intéresse à l’île où il fera bâtir Karreg toul sur la parcelle du même nom (la pierre trouée). Ce manoir néogothique sera l’attraction architecturale de l’île jusqu’en 1977 où  il sera réduit en une villa moderne à la grande tristesse des vieux Trégastellois.

L’île Renote proprement dite est  l’éventail de toutes les formes que l’érosion peut sculpter dans le granit, de la simple marmite aux contours les plus diaboliques. Certains ont donné des noms aux représentations les moins équivoques mais suivant l’angle votre imagination verra souvent des sculptures plus monstrueuses encore. Seule la palette du peintre fait l’unanimité dans sa simplicité sans concession. Si ce passage appelé le gouffre peut être rugueux et parfois effrayant par grand vent, vous trouverez dans quelques instants la sérénité sur l’autre versant face au sud.
Avant cela, c’est de cet endroit que vous contemplez le mieux le rocher emblématique de Trégastel le Dé ou Mein krouget, la pierre étranglée en breton. Il résume à lui seul l’érosion du granite par diaclases horizontales et verticales du fait de sa structure cristalline cubique.

Elle peut être atteint à marée basse mais la mer remonte très vite à cet endroit et le courant y alors très fort et mortel entre les îles.

Attendre la marée basse où les secours si vous êtes encerclés par la mer sur une de ces îles
A la pointe de l’île Renote, le château de Costaeres, extrêmité de Trégastel fut construit en 1896 par l’ingénieur Polonais Abakanowicz. Longtemps vilipendé par les premiers protecteurs des sites naturels, il est aujourd’hui l’ambassadeur de la Côte de granit rose et embellit finalement un paysage exceptionnel.
En le contemplant on remarque sur la gauche une autre pointe naturelle appelée Castel Menguy. Ce lieu, entouré par la mer à marée haute, était un cimetière des celtes osismes de l’âge du bronze. Une autre curiosité, géologique cette fois, est blottie dans une crevasse. C’est une boule ronde de granit de plus de 300kg qui roule au gré des tempêtes. Ce lieu ne se découvre que par grande marée et demande donc une grande prudence ou un accompagnateur local.
En tournant le dos à ce panorama hors du commun, on ne quitte pas les chaos granitiques en revenant par le sud de l’île. Les cavernes qu’ils forment ont été habitées depuis la nuit des temps grâce à la présence d ‘eau, d’abris et une orientation méridionale propice à l’implantation humaine au dessus d’une baie alors prés salés.
Des outils de l’âge de pierre ont été trouvés à cet endroit et une allée couverte en terrain privé confirme ces lieux d’habitation au néolithique.

île Renote

9.CASTEL SAINTE-ANNE

En revenant vers le fond de la baie et en passant devant la ferme construite pour alimenter Karreg toul on peut contempler une vue particulière de Trégastel avec ses villégiatures massives comme le Grand roc ou le Castel-Sainte Anne aujourd’hui perdus dans les villas de l ‘Après-guerre et une végétation plantée vers 1900 de conifères.
En prenant les petits chemins du centre ville nous retrouvons ces édifices centenaires qui marquèrent par leur architecture originale la naissance de la station de Trégastel.
Après le Grand Roc, Roch-Meur fut également conçu par la famille des architectes Courcoux comme le Castel-Sainte-Anne. Cette allée des Macareux, oiseau mythique de la côte un instant chassé par quelques amateurs de loisirs stupides nous conduit dans la rue du Général de Gaulle autrefois unique voie des premiers estivants pour rejoindre la plage au milieu des boutiques de souvenirs et des bazars de cartes postales rapidement incontournables preuves de la rareté de ce paysage.

Le castel Sainte Anne

 

Cette voie passe devant le Castel Sainte-Anne déjà évoqué   construit en 1884 par les Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et de Marie pour accueillir les jeunes filles en ouvroir l’hiver et leurs familles et les ecclésiastiques l’été. Ce site d’accueil verra rapidement sa clientèle s’accroitre et lancera par la même la réputation et le commerce hôtelier de Trégastel. Il a gardé aujourd’hui  la pérennité de sa fonction.

En suivant l’impasse du petit gouffre, sur l’arrière de l’hôtel de la plage le premier Hôtel de Trégastel, on aboutit au chemin remontant au panorama.

En regardant une dernière fois la plage du Coz-pors on note sur la gauche une villa particulière de style oriental. C’est là  qu’en 1895, l’un des princes du Siam Charafa-Maha passa ses vacances à la suggestion d’Auguste Pavie, amoureux de Trégastel et l’un des fondateurs de l’Indochine

                  

 

 

                                                 Le Grand Roc

 

  1. LE PANORAMA

Le Panorama, autrefois site du corps de garde du temps de Vauban, fut utilisé par les Allemands pendant la guerre pour y placer un radar de veille  (Wurze-Riese) dont le socle est toujours présent.

 

Il se trouve également proche de Coz-Castel à l’origine de Trégastel, où des vestiges des murs d’une petite garnison romaine ont été retrouvés autrefois. D’ailleurs la couronne du Roi Gradlon vers le large  a longtemps été une vigie reconnue, preuve de la pérennité de ce lieu de garde.

 

 

  11.QUARTIER DE LA Gréve BLANCHE

En la laissant on revient vers le quartier de la Grève Blanche loti dans les années 30 jusqu’à nos jours. Là se trouve la maison des Sœurs du Bon Sauveur de Bégard, construite vers 1890 par la famille Chareton de Lannion avant d’être acquise par les Sœurs en 1900 pour servir d’asile aux femmes souffrant de problèmes psychiatriques suivant les préceptes de l’ordre. Cet accueil fut plus tard élargi aux colonies de vacances et aux ecclésiastiques en villégiature. La pérennité hospitalière demeure de nos jours.

On rejoint alors le lieu de départ à travers les villas élégamment entretenues au fil des années, bien que souvent aujourd’hui disparates.

4. CIRCUIT N°4 (3km soit 1h de marche)

 

  1. 1. TOURONY

Une de plages de Trégastel, Tourony (le trou du phoque) prouve que cet animal est un familier de la côte depuis des siècles. Cette plage est surtout célèbre pour son panorama sur le château de Costaeres constriut en 1896. C’est de là que partent à marée basse les ravitaillements vers le site. Une rue Quo vadis rappelle que le prix Nobel de littérature Sienkiewicz y fit quelques séjours, comme Colette, Gide, Pierre Benoit, Fresnay, Printemps, puis plus tard Ferré et le show-bizz des années 60.

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Costaeres

En quittant la plage, on laisse sur la droite une  bâtisse blanche, l’ex hôtel Quo vadis, vestige de la grande époque vers les années 30 du tourisme hôtelier. Trégastel comptait alors plus de 500 chambres sur une vingtaine d’hôtels, mais les petites pensions de famille et la location  saisonnière doublaient déjà largement ce chiffre.

 

2.Rocharido

Le chemin nous amène ensuite entre les fermes très anciennes de Rocharido (la roche des Roseaux). Le chemin se fraie son existence entre les chaos granitiques qui culminent à gauche avec Crech Caouet et ferme le port de Ploumanach du côté de Trégastel. Il débouche sur le port de Ploumanach. Les toits en tuile rappellent l’économie du Second Empire lorsque les tuiles du Sommerset servaient de ballast aux caboteurs commerçant outre-manche après y avoir débarqué leur cargaison de pommes de terre ou de poteaux de mine.

la chaussée peut être inondée par grande marée

  1. LE PORT DE TREGASTEL-PLOUMANACH

Ce port géré par la ville de Perros-Guirec pour des raisons administratives est à l’origine de l’activité maritime de la côte depuis les premiers temps de la navigation. Un trésor celte des Osismes trouvé dans les années 30 certifie un siècle avant J-C la présence d’une forte activité portuaire à cet endroit, confirmée par les cartes hollandaises du XVIème siècle. Elle fut annihilée par les guerres de la ligue en 1594 avec la destruction de Ploumanach. Ce port international deviendra alors un petit port de pêche.

meule ancienne retrouvée dans le port

le port entre les deux guerres

4.moulin à marée

Par une charte de 1375, le roi de France Charles V octroie à Bryant II de Lannion la possibilité d’exploiter un moulin à mer avec son étang de pêcherie.

Ce moulin fonctionnera pour la farine  jusqu’en 1930 avec son dernier meunier Toussaint Le Brozec.  Il est le témoin d’une grande époque des moulins où on comptait près de 400 moulins à eau et à vent dans l’arrondissement de Lannion vers 1820, principalement pour l’exploitation du lin dans les terres.

Ce moulin est ouvert au public en juillet et août. Des panneaux explicatifs donnent une idée du fonctionnement et de l’importance des moulins à mer en Bretagne depuis le Moyen-âge

Les moulins

  1. La Corniche BRETONNE

Utilisant la chaussée du moulin, la corniche dite bretonne ne date à cet endroit que de 1920. Elle s’appuie sur le tracé d’une hypothétique voie de chemin de fer qui devait faire la liaison de Perros-Guirec à Trébeurden à la grande époque de l’avènement du rail. Le pont de Harel de la Noé sur la deuxième vallée de Traouiero rappelle ce projet ambitieux enterré par la première guerre mondiale. On pensa alors mettre un tramway sur la corniche, mais avènement de la voiture rendit la construction plus simple.

En empruntant cette corniche, en face du camping, vous longez un bâtiment en granit rose de Trégastel. C’est l’ancien bâtiment administratif  de la carrière au fond de l’étang qui a fourni en 1920, les sarcophages de Douaumont.  (voir la vallée des traouiero) Avant de revenir par la rue de Tourony, vous apercevez à gauche le Pub le Toucouleur autrefois Hôtel Lutétia, le premier à se construire sur la Corniche vers 1925